Le rachat d’actions d’Orange Suisse

Stéphane Richard a annoncé la nomination de Gervais Pélissier, Directeur financier, comme numéro 2 de France Télécom-Orange.

L’arrivée d’un directeur financier à un tel rang démontre en général l’absence de projet industriel dans l’entreprise concernée

Quelques jours après sa nomination, Monsieur Pélissier a annoncé qu’une partie de la vente d’Orange Suisse, vente à laquelle le personnel – deuxième actionnaire du groupe – est très hostile, servirait au rachat de titres de France Télécom, et cela à hauteur de 800 millions d’euros. Le reste permettra de payer les dividendes qui sont depuis maintenant 3 ans supérieurs aux bénéfices d’exploitation… Telle est la volonté du 1er actionnaire qu’est l’Etat.

Compte-tenu de la capitalisation, le montant des titres rachetés représente 2,4% du capital.

La même semaine, le même Directeur financier de France Télécom annonce le placement d’une émission d’obligations de 250 millions de livres sterling à échéance de 2050, soit près de 300 millions d’euros à un taux voisin de 5% après un swap livre sterling contre euro…  Tout un programme.

Compte-tenu de la faible confiance que les investisseurs accordent dans l’avenir de France Télécom, le cours qui a sérieusement dévissé sous l’ère Lombard reste déprimé et le bénéfice récurrent après impôt équivaut à 9% de la capitalisation.

Emprunter augmente les charges d’intérêts mais celles-ci sont déductibles de l’assiette d’imposition fiscale, ce qui diminue d’autant le taux net d’intérêt. Les mécanismes de rachat de titres ont pour objet de maximiser le rendement sur capital investi de l’actionnaire. On réduit le nombre de titres de façon plus importante que le bénéfice global…. Dès lors, le bénéfice par action augmente.

Dès que le taux de bénéfices sur capitalisation est supérieur au taux d’emprunt duquel est déduit le gain fiscal, sur un plan strictement financier et court-termiste, c’est une opération cosmétiquement  rentable pour les actionnaires.

En revanche, ces rachats de titres pèseront sur l’endettement, dont le refinancement n’est pas toujours aisé – en 2008, suite à la crise de Lehman Brothers,  France Télécom a connu quelques difficultés –  et sur la capacité d’investissement. En cas de décroissance forte du bénéfice, l’opération financière apparaitra comme une erreur majeure.

Parfois, dans ces opérations de rachats de titres, il y a le secret espoir de faire monter le cours en raréfiant l’offre de titres disponibles sur le marché, mais c’est aussi parfois l’opportunité de faire sortir des actionnaires encombrants… Nous en reparlerons peut être bientôt…

Un seul avantage, en supposant que le dividende reste à 1,4 euro par action, ce rachat de titres diminuera d’un peu moins de 100 millions d’euros le montant des dividendes annuels… à 3,6 milliards tout de même…

Ce rachat de titres dévoile les dérives du pilotage de France Télécom vers une  gestion purement financière et l’abandon de toute ambition industrielle…  Apple n’a jamais racheté ses titres ou même verser de dividendes depuis le retour de Steve Jobs…

 

2 commentaires


  1. christophe

    oui, mais steve jobs n’a pas un etat ultra-endetté comme patron… et n’a pas été nommé par sarkozy.
    on devrait monter une coopérative !

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